Un domestique

Cet article est écrit dans le cadre du Challenge UPro-G qui nous invite ce mois-ci sur le thème du domestique.

Le domestique : définition

Au XIXe siècle, le domestique de ferme est un ouvrier agricole logé ou nourri chez son employeur, chargé d’aider aux travaux quotidiens de l’exploitation. Dans les grandes fermes, surtout avant la mécanisation, il était indispensable pour compléter le travail de la famille paysanne.
Ses tâches varient selon la saison, l’âge, le sexe et la taille de la ferme, mais elles concernent généralement :
– les soins aux animaux
– le nettoyage des étables et des abris
– les travaux des champs
– le transport du foin, du bois ou des récoltes

La famille GELEBART

La famille de GELEBART Yves (sosa 94) et Marie Laurence Le RU (sosa 95) est installée dans le hameau de Ker Ar C’Hleuz depuis environ 1823. C’est un hameau de Plougonvelin situé dans le Finistère à 20 kilomètres de Brest vers l’ouest.
Yves est originaire de Ploumoguer. Il a épousé Marie Laurence le 22 juillet 1823, originaire de Plougonvelin, qui vivait à Ker Ar C’Hleuz où elle est née.

De 1824 à 1842, le couple a eu dix enfants dont deux sont décédés en bas âge.
– Marie Jeanne (1824-1895) mariée à Claude SALAUN
Yves Marie (1826-1907), célibataire, domestique de ferme
– Jean François (1828-1876), célibataire
Marie Yvonne (1830->1886), domestique
– Vincent Marie (1832-1891) marié à Marie Renée SIMON, ouvrier au port de Brest
Marie Françoise (1833-1837)
– Marie Jeanne (1835-1888), célibataire, journalière
Michel Marie (1838-1838)
Marie Anne (1839-1922), célibataire, domestique
– Marie Renée (1842-1888), couturière, mariée à Pierre LEON puis à Jean LASTENNET

Ker Ar C’Hleuz est une ferme dont les principales exploitations sont liées à la terre (récoltes), au bétail (vaches et cochons) et à la basse-cour.

Le destin des enfants : la ferme ou la domesticité ou partir

Le 28 avril 1845, Marie Laurence Le RU, femme de Yves GELEBART, meurt. Elle laisse son mari avec ses huit enfants.
Marie Jeanne, l’aînée, reste à la ferme et se marie avec Claude SALAUN en 1854.
Ils exploiteront la ferme avec le père jusqu’à son décès en 1883.

Yves Marie devient domestique de ferme. En 1841, âgé de 15 ans, il est encore chez son père. Puis vient le service militaire, il ne travaillera pas dans la ferme familiale.

Jean François se tourne plutôt vers Brest pour devenir ouvrier forgeron. Tout comme son frère Vincent Marie.

Marie Yvonne est encore à la ferme en 1851. Puis je la retrouve chez Jean Marie AUFFRET et sa femme Marie Yvonne CORNEC comme domestique en 1856. Elle a alors 26 ans et n’est pas bien loin, elle loge à Gaudina, un hameau proche de Ker Ar C’Hleuz.
En 1861, c’est sa sœur, Marie Anne qui est domestique dans cette même famille, âgée de 22 ans.

Recensement Plougonvelin – 1856 – Gaudina – 6 M 584/5

La famille AUFFRET à Gaudina s’agrandit et compte en 1861, six enfants.

Recensement Plougonvelin – 1861 – Gaudina – 6 M 584/6

En 1861, Marie Yvonne est chez Le BIHAN René et sa femme Thérèse KERRIGUY, sur le hameau de Ker Ar C’Hleuz dans une ferme très proche.
En 1886, je retrouve Marie Yvonne chez les AUFFRET à Gaudina, alors âgée de 55 ans et toujours domestique.

Les travaux réservés aux femmes domestiques dans ces fermes étaient essentiellement le nourrissage des animaux et la basse-cour.

Situation des enfants Gelebart autour de Ker Ar C’Hleuz

Les Gelebart n’étaient pas propriétaires de la ferme de Ker Ar C’Hleuz.
En 1841, c’est la tante de Marie Laurence Le RU, Marie Yvonne LANNUZEL veuve de Yves Marie Le RU, qui en est propriétaire ainsi que ses enfants.

Sources

  • Archives Départementales du Finistère : état-civil et recensements