C’est dans le cadre d’une visite « privée » au Château de Vincennes » que j’ai eu l’occasion de prendre en photo cette lettre.

Il s’agit d’une lettre envoyée par Catherine de Médicis au sultan Selim II, pour annoncer la mort du roi de France, son fils.
Elle est écrite au château de Vincennes et datée du 1er juin 1574.
Un peu d’histoire

Catherine de Médicis Catarina Medici) est la fille du duc de Florence Lorenzo II Medici (Laurent II de Médicis) et de Madeleine de La Tour d’Auvergne. Elle naît le 13 avril 1519 à Firenze.
En 1533, le roi de France François 1er verrait bien son fils cadet, le duc d’Orléans, épouser Catherine, histoire de profiter certainement d’une dot intéressante.
Le mariage a lieu le 28 octobre à Marseille. Les deux époux sont alors âgés de 14 ans. Le couple est stérile pendant 10 ans, mais à partir de 1544, Catherine de Médicis met au monde 10 enfants, dont 3 seront des Rois de France.
A l’âge de 28 ans, le le duc d’Orléans devient Roi de France sous le nom de Henri II.
Le 10 juillet 1559, le roi Henri II décède de manière accidentelle à Paris.
La succession au trône est assurée par François II, à partir du 10 juillet 1559, il est sacré à Reims le 21 septembre de la même année. Le roi François II meurt en 1560 de maladie, son règne est éphémère. Mort sans descendance, son frère cadet, Charles, lui succède. Agé de seulement 10 ans, sa mère Catherine de Médicis est nommée « gouvernante de France » jusqu’à la majorité de Charles.
Charles est sacré Roi de France à Reims le 5 mai 1561 sous le nom de Charles IX.
Charles IX règnera peu de temps, il décède à l’âge de 24 ans, le 30 mai 1574.
Henri III prendra la succession, Charles étant sans descendance mâle.
L’objet de la lettre
Dans cette lettre, Catherine de Médicis s’adresse au sultan Selim II, fils de Soliman le Magnifique. Elle lui annonce le décès du roi et fils, Charles IX.
Trés hault, trés excellant, trés puissant, trés magnanime
et invincible prince le grand empereur des moutsulmans, sultan Selin Han,
en qui tout honneur et vertu habonde, nostre trés cher et parfait amy, Dieu
vueille augmenter vostre grandeur avec fin trés heureuse. Nous estimons
que vostre haultesse aura cy devant entendu la maladie survenue au feu
roy nostre trés cher seigneur et filz, de laquelle, en fin, il a pleu a Dieu
l’appeller a soy. La perte que nous avons faicte en luy est telle
et si grande – pour estre la chose que nous estoit la plus chere
et plus pretieuse – que, comme mere naturelle, nous en pourtons
extreme douleur et regret. Toutesfois, recognoissant que c’est
chose qui procedde de la volonté de Dieu, a laquelle nous desirons
conformer toutes noz actions, nous avons recours a sa bonté
pour en icelle trouver la consolation qui nous est necessaire
en ceste affliction..
Escrit au chasteau royal de Vincenne,
le premier jour de jung 1574.
Vostre bonne et parfaicte amye,
Catherine.


Sources
- Wikipedia : Catherine de Médicis
- Wikipedia : Charles IX
- Transcription de la lettre par L. Hervieu
