Vos ancêtres ont-ils été placés en nourrice ?
Que ce soit pour une courte période, jusqu’au sevrage ou pour des années, comment savoir si votre ancêtre a connu une nourrice ?
Les conditions d’accouchement, la fatigue liée, le lait maternel pas assez abondant et riche, étaient les principales raisons de la mise en nourrice de l’enfant.
Il existe une source très intéressante dans les archives communales qui se nomme « Le registre des déclarations de nourrices« .
Dans la cadre de la protection des enfants de premier âge, la loi du 23 décembre 1874, l’article 7 stipule :
Art. 7. – Toute personne qui place un enfant en nourrice, en sevrage ou en garde, moyennant salaire, est tenue, .[…], d’en faire la déclaration à la mairie de la commune où a été faite la déclaration de naissance de l’enfant ou à la mairie de résidence actuelle du déclarant….
De même l’article 9 s’adresse à la nourrice en ces termes :
Art. 9. – Toute personne qui a reçu chez elle, moyennant salaire, un nourrisson ou en enfant en sevrage ou en garde, est tenue , […] :
1° D’en faire la déclaration à la mairie de la commune de son domicile dans les trois jours de l’arrivée de l’enfant.
3° De déclarer dans le même délai le retrait de l’enfant par ses parents ou la remise de cet enfant à une autre personne, pour quelque cause que cette remise ait lieu.
4° En cas de décès de l’enfant, de déclarer ce décès dans les 24 heures.
L’article 10 précise qu’un registre spécial est ouvert pour ces déclarations.

Quelles sont les informations recueillies dans ce registre ?
Sur la page de gauche, nous avons les données suivantes concernant l’enfant et la personne déclarant et sur la page de droite, les coordonnées de la nourrice ou des nourrices successives ainsi que les dates des changements, visés par le juge de paix.
Prenons un exemple avec Louise Stéphanie FOLLETET
Sur la page de gauche :
La déclaration a été enregistrée le 18 juillet 1900 et le 15 avril 1901.
l’enfant est Louise Stéphanie FOLLETET, née le 26 mars 1900, à Chamboeuf (21), de religion catholique.
Son baptême a eu lieu à Chamboeuf le 29 mars 1900.
Louise Stéphanie est la fille de Jeanne Folletet, manouvrière dans la commune.
Les deux déclarations ont été faites par la grand-mère de l’enfant, Clothilde NOIROT, domiciliée à Chamboeuf.

Sur la page de droite :
La première nourrice se nomme Mélanie DROUHOT, femme GIRARD, elle habite à Clémencey.
Il est convenu que l’enfant sera élevé au biberon moyennant 20 francs par mois.
L’enfant a été retiré par sa mère le 10 avril 1901 pour être placée chez Stéphanie Folletet, femme Poullot, sœur de la mère (tante de l’enfant) domiciliée à Couchey et le placement se fait dans les mêmes conditions.
Pour terminer, l’enfant a été retiré le 5 décembre 1901.



Lorsque Louise Stéphanie naît, sa mère Jeanne Folletet est fille-mère.
Le 5 octobre 1901, Jeanne se marie avec Léon Maxime COIRET qui reconnaît l’enfant, lequel prend le patronyme de Coiret et est retiré de chez la nourrice en décembre.
Le mariage sera de courte durée, car Léon Maxime décède le 6 mars 1911 à Morey-Saint-Denis d’une congestion due au froid, après avoir travaillé toute la journée dehors.

Qu’est devenue Louise Stéphanie ?
Louise Stéphanie se marie le 18 février 1918 avec Charles DORET.
En 1931 et 1936, ils habitent à Semezanges avec leurs trois enfants, Jean Roger (né en 1921), Marguerite (née en 1923) et Albert (né en 1928).
Charles Doret décède à Semezanges le 12 janvier 1938.
Quant à Louise Stéphanie, elle meurt à l’âge de 82 ans à Nuits Saint Georges le 22 janvier 1983.
La nourrice Mélanie Drouhot.
Mélanie est mariée à Jean Baptiste GIRARD et en 1906 à Clémencey, ils ont trois enfants, Jeanne (née en 1884), Félix (né en 1897) et Germaine (née en 1901) plus deux enfants en « hospitalité », Julien CHEVALIER (né en 1898) et Georgette RENOT (né en 1903).
Sources
- Archives communales de Chamboeuf – 4Q 3/2
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