Anna Julia HARROY – Maîtresse de travaux à l’aiguille   Mise à jour récente !


Au fil de mes recherches, et notamment dans la presse ancienne, j’ai vu cette liste de nominations.

Le Nouvelliste des Vosges – 29 janvier 1893

« Le Nouvelliste des Vosges » du 29 janvier 1893 cite mon arrière-grand-mère (sosa 13), Anna Julia LAGNY, mariée à Ernest Emile HARROY.

Anna Julia LAGNY est née le 29 mai 1872 à Ruppes (Vosges), fille de Hippolyte et Joséphine Ernestine PERRIN, tous deux cultivateurs.

Elle grandit à Ruppes, entourée de deux sœurs et un frère, Marie Mélina, Berthe Eugénie et Emile Victor.

Elle se marie avec Ernest Emile HARROY, à Ruppes , le 5 novembre 1892.

Le 29 janvier 1893, elle est nommée « Maîtresse de travaux à l’aiguille« .

Que va lui permettre cette nomination ?

Un peu d’histoire

La loi du 28 juin 1833, loi Guizot, porte sur l’instruction primaire.

La loi Guizot organise l’enseignement primaire autour de deux principes :

la liberté de l’enseignement primaire : tout individu âgé de dix-huit ans peut exercer librement la profession d’instituteur primaire, à condition d’obtenir un brevet de capacité, délivré à l’issue d’un examen, et de présenter un certificat de moralité ;

l’organisation d’un enseignement primaire public, intégré au sein de l’Université : chaque département doit entretenir une école normale d’instituteurs pour la formation des maîtres et chaque commune de plus de 300 habitants est tenue d’entretenir une école primaire et un instituteur ; la commune peut satisfaire à ses obligations en subventionnant une école primaire confessionnelle établie sur son territoire.

Wikipedia – Loi Guizot

L’Ordonnance du 23 juin 1836 sur la loi Guizot ajoute les travaux d’aiguille au nombre des matières à enseigner dans les écoles primaires de fille.

La loi du 15 mars 1850 rend l’enseignement des travaux d’aiguille obligatoire dans les écoles de filles.

L’article 23 reprécise le contenu de l’enseignement primaire.

Art.23. – L’enseignement primaire comprend :

L’instruction morale et religieuse ;

La lecture ;

L’écriture ;

Les éléments de la langue française ;

Le calcul et le système légal des poids et mesures.

Il peut comprendre en outre :

L’arithmétique appliquée aux opérations pratiques ;

Les éléments de l’histoire et de la géographie ;

Des notions des sciences physiques et de l’histoire naturelle, applicables aux usages de la vie ;

Des instructions élémentaires sur l’agriculture, l’industrie et l’hygiène ;

L’arpentage, le nivellement, le dessin linéaire ;

Le chant et la gymnastique.

Loi relative à l’enseignement du 15 mars 1850

L’article 48 ajoute les travaux à l’aiguille.

Chapitre V.  Des écoles de filles

Art. 48. – L’enseignement primaire dans les écoles de filles comprend, outre les matières de l’enseignement primaire énoncées dans l’article 23, les travaux à l’aiguille.

Loi relative à l’enseignement du 15 mars 1850

Anna Julia a donc appris les travaux d’aiguille à l’école primaire.

Lorsqu’elle devient maîtresse de travaux à l’aiguille, cela lui confère le droit d’enseigner cette matière dans les écoles et d’en être rémunérée (loi Duruy de 1867, article 1er)

Loi Duruy du 10 avril 1867

Le ministre de l’instruction publique, Duruy, contribue au développement de l’enseignement primaire grâce à sa loi du 10 avril 1867.

Outre l’obligation pour les communes de plus de cinq cents habitants de disposer d’une école de filles, cette loi encourage la gratuité de l’instruction, permettant aux municipalités les plus pauvres de bénéficier du soutien de l’Etat.

Art 1er.

Toute commune de cinq cents habitants et au-dessus est tenue d’avoir au moins une école publique de filles, si elle n’en est pas dispensée par le conseil départemental, en vertu de l’article 15 de la loi du 15 mars 1850.

Dans toute école mixte tenue par un instituteur, une femme nommée par le préfet, sur la proposition du maire, est chargée de diriger les travaux à l’aiguille des filles. Son traitement est fixé par le préfet, après avis du conseil municipal.

Wikipedia – Loi Duruy

En 1899, le couple quitte Ruppes pour aller sur Vaucouleurs (Meuse), où Anna Julia est giletière aux Etablissements Seiligmann en 1936 (recensement).

Anna Julia décède à Vaucouleurs le 31 août 1949, au lieu dit Lavoir du Moulin.

Elle est en effet tombée dans le lavoir et y a laissé la vie. Elle était âgée de 77 ans.

Sources :